J-17
Je vous salue d'ici, le fruit de vos entrailles
Bénissez-moi ma vie et mon esprit, adorer glorifier, se confesser
Au nom du père et du fils sur la croix, pardonnez nos péchés à tous les trois
Allongés par terre et se laisser faire, caresser nos pensées, se purifier nos chairs
Communier nos idées et ne rien regretter, se faire prier, se faire aimer
On est tu sais seul à saigner
On est tu sais seul à s'aimer
On est tu sais seul à sauver
On est tu sais tout seul, tu sais
Les habitants de jamais n'ont pas d'espoir. La langue qu'ils parlent est la nostalgie. Leur monnaie est le temps qui passe: ils sont incapables d'en mettre de côté et leur vie se dilapide en direction d'un gouffre qui s'appelle la mort et qui est la capitale de leur pays. Les jamaisiens sont de grand bâtisseurs d'amours, d'amitiés, d'écritures, et autres édifices déchirants qui contiennent déjà leur ruine, mais ils sont incapables de construire une maison, une demeure, ou même quoi que ce soit qui ressemble à un logis stable et habitable. Rien, pourtant, ne leur paraît aussi digne de convoitise qu'un tas de pierre qui serait leur domicile. Une fatalité leur dérobe cette terre promise dès qu'ils croient en avoir la clé. Les jamaisiens ne pensent pas pas que l'existence est une croissance, une accumulation de beauté, de sagesse, de richesse et d'expérience; ils savent dès leur naissance que la vie est décroissance, déperdition, dépossession, démembrement. Un trône leur est donné dans le seul but qu'ils le perdent.